Nous nous souvenons de Walter Berweger
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Wir erinnern uns an Walter Berweger
Walter Berweger kam am 5. März 1953 als zweites von drei Geschwistern in St. Gallen zur Welt, wo er auch seine Schulausbildung durchlief.
Nach einer Lehre bei einer internationalen Speditionsfirma in St. Gallen bildete er sich während dreier Jahre an der Höheren Wirtschafts- und Verwaltungsschule HWV weiter zum Marketingfachmann.
Bald zog es Walter ins Ausland, zuerst nach Paris, wo er eine Stelle bei einem Agrarprodukte-Exporteur innehatte, später in die welsche Schweiz. In dieser Zeit bereiste er viele Kontinente, was ihn mit neuen, zukunftsprägenden Personen zusammenbrachte und sein Weltbild entscheidend beeinflusste. Sein Flair für Sprachen (er war fliessend in Deutsch, Französisch und Spanisch) und sein Interesse für Literatur prägte sein Leben. Er begann auch selber zu schreiben.
Schnell wurde sich Walter bewusst, dass der vielversprechende Karriere-Anfang in der Wirtschaft nicht seinem Streben nach sozialer Gerechtigkeit gerecht wurde. Während einer ausgedehnten Südamerika Reise im den Jahren 1981-82 dachte er über die Ausrichtung seines Lebenssinns nach und liess sich dabei von den ökonomischen und sozialen Problemen in Entwicklungsländern beeinflussen.
Zurück von seinen Reisen suchte Walter nach einer Position, in welcher er sein Know-how in den Dienst von sozial Schwächeren stellen konnte. Er war besonnen und zielstrebig, ein rationaler Denker und aufmerksamer Beobachter, und danach bestrebt, sich in humanitärer Arbeit zu engagieren. Im Juli 1983 heuerte er beim IKRK an für Einsätze im Ausland.
Nach seiner ersten Ausbildung im Oktober 1983 wurde Walter zur Sidon-Delegation des IKRK im Libanon entsandt, um als Administrator zu dienen. Diesem neunmonatigen Einsatz (November 1983 bis August 1984) folgte unmittelbar eine einjährige Feldmission in Quetta, Pakistan (August 1984 bis August 1985), wo er die gleiche Position innehatte. Am Ende dieses Postings hatte Walter gezeigt, dass er mit seinem methodischen Ansatz und seiner positiven, konstruktiven Einstellung zu einer praktischeren, operativeren Rolle und größeren Verantwortung bereit war. Diese Chance erhielt er in El Salvador, wo er etwas mehr als ein Jahr lang (Dezember 1985 bis Januar 1987) als Delegierter arbeitete. Er verstand, Menschen, die vom Bürgerkrieg in den westlichen und zentralen Teilen des Landes betroffen waren, zu helfen und diente als Verbindung zum lokalen Militär. Er nahm auch andere Aufgaben wahr, wie den Besuch von Kriegsgefangenen und politischen Gefangenen, Verhandlungen mit den Behörden und die Rückverfolgung von Menschen, die infolge des Konflikts verschwunden waren. Auf der Grundlage seiner bisherigen Erfahrungen in der Region machte Walter das Beste aus einer Situation, in der der Erfolg oft von äußeren Faktoren abhing. Ihm wurde anschließend eine Stelle als Haftdelegierter empfohlen, um seine Ausbildung abzurunden.
Anstatt zu einer anderen Feldmission wurde Walter dann jedoch zurück ins Hauptquartier des IKRK in Genf zurückbeordert. Er arbeitete zunächst als Finanzassistent (Februar 1987 bis August 1988) und dann als Leiter des Sektors für externe Ressourcen (September 1988 bis Mai 1989).
Auf diese Zeit im Hauptquartier folgte sofort eine Feldmission auf die Philippinen, als Leiter der Unterdelegation des IKRK auf Mindanao Island. Am 19. Januar 1990, etwa acht Monate nach Ankunft, wurden Walter und zwei Kollegen des Roten Kreuzes von nicht identifizierten bewaffneten Männern in Zivil überfallen. Walter wurde vor Ort getötet, ebenso wie Juanito Patong, ein Mitglied des philippinischen Roten Kreuzes, während die dritte Person – eine lokale IKRK-Mitarbeiterin – leicht verletzt wurde. Walter war 36 Jahre alt. Er war nicht verheiratet, hinterliess aber seine Partnerin, die mit ihm in den Philippinen weilte.
Walter erreichte das Ziel, das er sich gesetzt hatte – auf dem Feld zu arbeiten, Schulter an Schulter mit den Bedürftigen. Durch die Kombination seiner humanitären Überzeugungen und seiner gewaltigen administrativen und verwaltungstechnischen Fähigkeiten konnte er für Menschen, die den verheerenden Folgen von Konflikten ausgesetzt waren, vieles bewirken.
Français
Walter Berweger voit le jour le 5 mars 1953 à Saint-Gall, en Suisse, où il fait ses écoles primaire et secondaire. Après un apprentissage d’employé de commerce, il travaille pendant quatre ans pour Natural AG, une entreprise internationale de transport maritime. Ensuite, soucieux de faire progresser sa carrière, Walter s’inscrit en 1973 dans une école de commerce à Saint-Gall. Il en ressort trois ans plus tard en possession d’un diplôme en marketing et vente. Parallèlement à ses études, il travaille quelque temps pour la fabrique de lits Schreiber Suco-Werk, puis pour une école de langue de la place, où il enseigne le français et l’anglais aux adultes. En plus de l’intérêt qu’il a toujours éprouvé pour les langues étrangères – il parle aussi couramment l’espagnol –, Walter est un grand passionné de littérature.
En 1976, Walter est engagé par une entreprise française spécialisée dans l’exportation de produits agricoles, basée dans la région parisienne. Il y travaille pendant trois ans comme assistant de direction chargé du marketing et des relations commerciales. Après quoi il revient en Suisse et trouve un emploi dans une compagnie vaudoise fabriquant des produits d’emballage en aluminium, dont il dirigera l’équipe commerciale jusqu’en 1981. Dans les différents postes qu’il occupe, Walter apparaît comme une personne posée et dotée d’entregent. Il entretient de bonnes relations avec la clientèle, s’entend bien avec ses collègues et se fait apprécier de ses employeurs. En fait, le seul à ne pas être entièrement satisfait de ce qu’il fait, c’est lui : même si tout lui réussit, il s’ennuie dans cet univers commercial. Il décide alors de laisser sa vie professionnelle en plan et d’aller voir ailleurs. Plus jeune, il avait déjà voyagé dans plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment pour essayer de mieux comprendre les enjeux du conflit israélo-palestinien. Cette fois, il se tourne vers l’Amérique latine et l’Afrique de l’Ouest, qu’il sillonnera deux ans durant.
À son retour en Suisse, en 1983, Walter est une autre personne. Ses voyages lui ont ouvert les yeux sur les dures réalités socioéconomiques qu’endurent les populations des pays en développement. Désormais, c’est clair pour lui, il veut trouver un job où il puisse mettre ses compétences au service des plus déshérités. Et c’est tout naturellement qu’il s’engage sur la voie de l’humanitaire. À trente ans, c’est maintenant un homme pondéré mais déterminé, que les voyages ont aguerri et enrichi. Autant de qualités qui ressortiront lors de son entretien d’embauche au CICR, qui n’hésitera pas une minute à le recruter pour l’envoyer sur le terrain.
En octobre 1983, son cours de formation pour délégués terminé, Walter s’envole pour le Liban. Pour sa première mission, il est affecté à la délégation régionale du CICR à Saïda, en qualité d’administrateur. Il y reste neuf mois, avant d’enchaîner, en août 1984, avec une mission similaire d’un an à Quetta, au Pakistan. Les qualités dont il fera preuve pendant ces presque deux années, notamment son approche méthodique et positive des situations et son attitude toujours constructive, montrent qu’il est prêt à assumer des responsabilités opérationnelles plus importantes. C’est ainsi que le CICR lui confie un poste de délégué à El Salvador, où il séjourne de décembre 1985 à janvier 1987. Sur place, il participe aux activités d’assistance menées par l’institution en faveur des personnes subissant les effets de la guerre civile qui déchire le pays, servant notamment d’agent de liaison avec les hauts responsables militaires locaux. Il visite aussi des prisonniers de guerre et des détenus politiques, négocie avec les autorités et contribue aux activités de recherche de personnes portées disparues en raison du conflit. L’expérience qu’il a acquise dans la région alors qu’il arpentait l’Amérique latine l’aide sans conteste à appréhender la situation qui prévaut dans le pays avec beaucoup de lucidité et de bon sens. Il est alors pressenti pour une affection en tant que délégué détention, qui devrait lui permettre de parfaire son bagage professionnel.
Mais entre-temps, le CICR a besoin de ses compétences à Genève et, au lieu de l’envoyer pour une nouvelle mission sur le terrain, il le rappelle au siège de l’institution. Walter y travaillera de février 1987 à mai 1989, dans un premier temps comme assistant financier, puis comme chef de secteur aux ressources extérieures.
Après ces deux années passées au siège, le CICR l’envoie aux Philippines pour diriger la sous-délégation qu’il vient d’ouvrir sur l’île de Mindanao. Mais le 19 janvier 1990, environ huit mois après sa prise de fonction, Walter et deux de ses collègues tombent dans une embuscade que leur tendent des hommes armés non identifiés en civil. Walter et Juanito Patong, un membre de la Croix-Rouge philippine, sont tués sur place, tandis que la troisième personne de l’équipe, un employé local du CICR, s’en tire avec des blessures légères. Walter allait avoir 37 ans.
Arraché à la vie beaucoup trop tôt, Walter a néanmoins pu faire, six ans durant, ce qui lui tenait le plus à cœur : travailler au plus près des personnes vulnérables. Ses convictions humanitaires inébranlables, alliées à de solides compétences administratives et managériales, lui ont permis de contribuer à améliorer le sort de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants exposés aux conséquences dévastatrices de la guerre.
Le CICR en
Philippines, 1990
Vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, les Philippines font face à une situation de grande instabilité marquée par l’insurrection d’un mouvement de rébellion communiste, qui s’entremêle à l’activisme de groupes musulmans indépendantistes. La période est aussi régulièrement ponctuée par des tentatives de la part de plusieurs secteurs de l’armée de renverser le gouvernement. Cette recrudescence des troubles survient alors que le pays sort de deux décennies de régime dictatorial incarné par le président Ferdinand Marcos, et qui prend fin avec l’élection de Corazon Aquino, en 1986. Le gouvernement Marcos s’est distingué par l’abolition de bon nombre des institutions démocratiques mises en place lorsque les Philippines ont finalement accédé à l’indépendance, en 1946. Le pays avait auparavant été occupé par le Japon (pendant la Seconde Guerre mondiale), contrôlé par les États-Unis (de la fin du XIXe siècle aux années 1930) et colonisé par les Espagnols (pendant plusieurs centaines d’années, à partir du XVIe siècle). Quand elle prend les rênes du pouvoir, en 1986, Corazon Aquino a du pain sur la planche si elle veut venir à bout des différentes forces qui déstabilisent l’archipel.
Lorsque Walter arrive à Mindanao, en 1989, le CICR mène des activités en faveur des victimes des conflits armés aux Philippines depuis plus de quatre décennies déjà, offrant des services très variés à partir de sa délégation de Manille, de sa sous-délégation de Davao et de son bureau de Zamboanga City, tous deux sur l’île de Mindanao. En 1989, les délégués de l’institution visiteront 983 personnes dans 155 lieux de détention civils et militaires. La plupart d’entre elles sont détenues pour des motifs liés à la situation insurrectionnelle, bien qu’on trouve aussi dans leurs rangs des militaires arrêtés lors de différentes tentatives de coup d’État. Le CICR s’occupe avant tout d’évaluer leurs conditions de détention, leur état de santé et leur état nutritionnel. Dans de nombreuses prisons, il met aussi en place des programmes visant à améliorer les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement.
Les délégués de l’institution mènent par ailleurs des activités de rétablissement des liens familiaux, notamment afin d’aider les familles à retrouver la trace de proches portés disparus après avoir été arrêtés par les forces de sécurité. Ils travaillent en outre, en étroite collaboration avec la Croix-Rouge philippine, à évaluer les besoins des personnes déplacées en raison de l’insécurité ambiante et à leur fournir des vivres ainsi que des secours non alimentaires. Cette assistance intervenant le plus souvent dans des régions où les insurgés sont actifs, le CICR en profite pour sensibiliser ces derniers à l’action qui est la sienne, les incitant avant tout à protéger les civils des effets de la violence armée. En 1989, environ 70 pour cent des personnes qui bénéficient des services de l’institution sont des habitants de l’île de Mindanao, là justement où Walter est en poste.
Souvenirs