Hamadoun
Daou
Hamadoun Daou profile's picture
Mali

Nous nous souvenons de Hamadoun Daou

Hamadoun Amadou Daou est né le 1er janvier 1977 à Niafunké, dans la région de Tombouctou (Mali). C’est en septembre 2013 qu’il est engagé par le CICR en tant que chauffeur de camion, basé dans le bureau de Mopti, dans le centre du pays. Marié, père de quatre enfants, Hamadoun est une personne calme, courtoise et dévouée tant à son travail qu’à ses collègues, qui le tiennent en haute estime. Animé par un sens très fort du travail d’équipe, il répond toujours présent en cas d’urgence opérationnelle.

 

Hamadoun est engagé par le CICR alors que son pays traverse une période troublée. Chauffeur expérimenté, il est constamment sur les routes pour transporter des marchandises destinées à répondre aux besoins des innombrables personnes touchées par le violent conflit qui secoue le Mali. En février-mars 2015, il effectue quatre voyages successifs : il quitte Sévaré (près de Mopti) le 20 février pour acheminer une livraison à Tombouctou, puis, à partir du 25 février, il assure un transport de matériel informatique de Tombouctou à Bamako, suivi, à compter du 10 mars, d’un transfert de matériel de Sévaré à Gao et à Kidal, et enfin, à partir du 26 mars, il transporte des produits médicaux vers l’hôpital de Gao.

 

C’est lors de ce quatrième trajet que survient la catastrophe : le 30 mars, alors que Hamadoun et son chauffeur coéquipier se trouvent à environ 45 kilomètres de Gao, une douzaine d’hommes armés circulant sur des motocyclettes les forcent à quitter la route. Les attaquants font sortir les deux hommes du véhicule — clairement marqué de l’emblème du CICR —, puis tirent sur eux à bout portant. Hamadoun, âgé de 38 ans, décède immédiatement, tandis que son collègue, membre de la Croix-Rouge malienne, est grièvement blessé.

 

Yasmine Praz Dessimoz, cheffe des opérations du CICR en Afrique du Nord et de l’Ouest, réagit en ces termes à l’annonce du meurtre de Hamadoun : « Sa mort n’est pas seulement une tragédie pour sa famille et pour le CICR. Elle va avoir un impact sur la vie et la santé de dizaines de milliers de personnes. » Hamadoun jouait un rôle crucial dans les activités menées par le CICR au Mali en assurant l’acheminement d’une assistance vitale aux communautés touchées par le conflit. Son assassinat choquant représentait à la fois un rappel de la brutalité du conflit en cours et un nouvel exemple de la violence insensée visant les travailleurs humanitaires, dont l’action a pour unique objectif de soulager les souffrances.

Le CICR au
Mali, 2015

C’est en 1965 que le CICR commence ses activités au Mali. Une délégation est ouverte dans le pays en 2013 pour faire face à l’intensification du conflit et le CICR est l’une des premières grandes organisations internationales à intervenir dans le nord du pays. Cette année-là, de nombreux affrontements entraînent le déplacement de milliers de personnes qui fuient vers d’autres régions du pays ou à l’étranger. Grâce à ses efforts de communication avec les parties belligérantes, y compris les groupes armés, le CICR parvient à préserver l’accès aux communautés touchées par le conflit. En 2015, l’organisation mène un large éventail d’activités ; en matière de santé, des équipes médicales sont en poste à l’hôpital de Gao et au centre médical de référence de Kidal, tandis que l’assistance ciblée fournie à d’autres établissements de santé est renforcée. Le CICR apporte aussi son appui à un certain nombre de centres de réadaptation physique ainsi qu’à des services psychosociaux destinés aux personnes souffrant de traumatismes liés au conflit et aux victimes de violences sexuelles. Les délégués du CICR rappellent à toutes les parties au conflit qu’il leur incombe de protéger les personnes qui sollicitent ou fournissent des soins médicaux. Dans un cas au moins, ces efforts portent directement leurs fruits, en contribuant à persuader des porteurs d’armes d’évacuer un centre de santé qu’ils occupaient.

 

Ce conflit protéiforme provoque la séparation de nombreuses familles. Les délégués chargés des liens familiaux et personnes disparues s’efforcent de rétablir les contacts et d’aider les mineurs ayant quitté des groupes armés à regagner leur foyer. Afin de permettre aux habitants de retrouver une assise financière, le CICR fournit un appui essentiel au rétablissement des moyens de subsistance. Ces mesures comprennent des dons de semences et de matériel aux agriculteurs, une campagne de vaccination du bétail, des subventions en espèces et des formations à la création de petites entreprises, ainsi que des possibilités de travail contre rémunération pour les ménages vulnérables. Les délégués détention rendent visite aux personnes détenues par les parties belligérantes (forces gouvernementales, groupes armés et armées étrangères). Leur action vise à garantir que les personnes détenues soient traitées conformément aux normes internationalement reconnues. Le CICR mène aussi des projets conjoints pour que les personnes emprisonnées reçoivent des repas réguliers et agit en tant qu’intermédiaire neutre pour la libération des personnes détenues par des groupes armés. Après la mort de Hamadoun à la fin du mois de mars, tous les déplacements du personnel en dehors des villes sont suspendus pendant trois mois dans le nord du pays, non sans conséquences sur divers aspects des activités de l’organisation. Pour faire face à cette situation, les volontaires de la Société nationale ainsi que les employés actifs à l’échelon national, local et communautaire redoublent d’efforts.

Souvenirs

Aucun souvenir trouvé.

Avez-vous quelque chose à partager sur Hamadoun?

Si vous souhaitez partager un souvenir de Hamadoun, fournir des photos ou des informations supplémentaires, ou faire part d'une préoccupation concernant le contenu de cet hommage, veuillez remplir notre formulaire de contact. Nous contacter