Alexis
Marboua
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Centrafrique

Nous nous souvenons de Alexis Marboua

Alexis Marboua naît le 4 mars 1974 à Bekila, un village du nord-ouest de la République centrafricaine. Il entame sa scolarité à l’École fondamentale de Béogombo II, dans la sous-préfecture de Paoua, puis, jusqu’en 1987, dans une école mixte de la sous-préfecture de Bossembélé. Il fréquente ensuite le Lycée des Martyrs dans la capitale, Bangui, et entre à l’Université de cette même ville en 1999, où il obtient, quatre ans plus tard, un diplôme d’infirmier. Au cours de ses études, il bénéficie d’une formation pratique au Centre national hospitalier universitaire de Bangui, à l’Hôpital communautaire de Bangui et à l’Hôpital de l’Amitié, toujours dans la capitale. Il achève sa formation pratique, avant l’obtention de son diplôme, à l’Hôpital régional universitaire de Berbérati, dans la préfecture de Mambéré-Kadéï.

 

Une fois son diplôme en poche, Alexis commence par occuper divers emplois temporaires, y compris dans des services d’urgence et de pédiatrie, tout en participant à plusieurs projets de santé dans le nord-ouest de la République centrafricaine. Il assume des responsabilités diverses, par exemple en tant que consultant externe à Batangafo, ou en tant que responsable d’un centre de santé apportant une assistance aux personnes déplacées et aux réfugiés à Moyenne-Sido. Alexis souhaite plus que tout travailler dans le domaine humanitaire, porté par un désir profond d’aider autrui. Pendant près de huit ans, il est employé comme infirmier consultant pour des organisations internationales humanitaires dans des zones touchées par les conflits : il travaille ainsi pour la section française de Médecins Sans Frontières (MSF) d’avril 2006 à juin 2007, puis pour la section espagnole de MSF d’octobre 2007 à 2014. Pendant cette période, il suit aussi un cours sur les violences sexuelles à l’égard des femmes et des mineurs. Il parle couramment le français et le sango, mais se débrouille aussi en anglais, en arabe et en deux dialectes peuls. Dans son temps libre, il joue volontiers au football et au basketball.

 

Alexis est engagé par le CICR en juin 2016 en tant qu’assistant médical à la sous-délégation de Kaga Bandoro, une ville du centre du pays. La République centrafricaine traverse alors une période de forte instabilité et insécurité, causées par la résurgence du conflit interne après l’élection présidentielle au début de l’année. De nombreux incidents donnant lieu à des violences aveugles éclatent à Kaga Bandoro en septembre et au début d’octobre 2016 ; des groupes armés s’en prennent à des personnes et à des biens civils, y compris des bureaux du gouvernement, des ONG et des écoles. Le 12 octobre, Alexis est victime de l’une de ces attaques alors qu’il se rend à son travail ; les circonstances précises de son décès n’ont jamais été pleinement élucidées. Son corps est retrouvé le lendemain ; Alexis, âgé de 42 ans, était père de sept enfants.

 

La mort d’Alexis, qui agissait avec dévouement pour améliorer la vie des habitants dans un pays déchiré par le conflit interne et l’incertitude, est aussi tragique qu’insensée. Son engagement en tant qu’agent de santé humanitaire demeure un exemple pour tous.

Le CICR en
Centrafrique, 2016

Actif en République centrafricaine depuis 1983, le CICR ouvre une délégation à Bangui en 2007. En 2016, l’année du décès d’Alexis, malgré le conflit interne qui déchire le pays, l’organisation met en œuvre un vaste programme humanitaire. Les délégués fournissent aux établissements de santé du matériel médical et du personnel d’appoint, et le CICR apporte diverses formes d’assistance technique et de soutien matériel aux hôpitaux de Bangui et de Kaga Bandoro. Pendant l’année, deux dispensaires soutenus par le CICR accueillent plus de 50 000 consultations, tandis que des dizaines de personnes nécessitant des soins médicaux urgents sont traitées dans un hôpital de Bangui bénéficiant de l’appui de l’organisation. Dans ces trois sites, des conseillers formés par le CICR offrent un soutien psychosocial à plusieurs centaines de victimes de violences sexuelles.

 

Les équipes du CICR répondent aussi aux besoins de milliers d’enfants malnutris. Pour contribuer à renforcer la production alimentaire, elles distribuent des semences, des outils et des boutures de manioc résistant aux maladies à plus de 12 000 ménages, comprenant des déplacés internes et des personnes de retour chez elles. Des projets « travail contre rémunération » sont aussi mis sur pied. Les personnes déplacées et de retour chez elles reçoivent en outre une aide d’urgence, sous forme notamment d’eau potable, de rations alimentaires et d’articles de ménage essentiels. Dans les zones urbaines, des experts du CICR coopèrent avec les autorités locales pour renforcer les infrastructures hydrauliques et améliorer l’approvisionnement en eau. Dans d’autres régions du pays, le CICR creuse des puits et installe des pompes, dont l’entretien sera ensuite assuré par la Société de la Croix-Rouge centrafricaine.

 

Le CICR et la Société nationale agissent aussi de concert afin de réunir des membres de familles séparées par le conflit et pour aider les mineurs ayant été associés à des groupes armés à retrouver leurs proches. Dans le cadre de ses activités visant à encourager le respect du droit international humanitaire, le CICR rappelle aux parties au conflit — notamment aux soldats, aux gendarmes et aux policiers, sans oublier les groupes armés — les obligations qui leur incombent au regard de ce droit. Les délégués de l’organisation rendent visite à plus de 1200 personnes détenues par les autorités ou par des groupes armés afin d’évaluer leur état de santé, leur état nutritionnel et leurs conditions de vie. Le CICR fournit en outre une aide matérielle, financière et technique à la Société nationale et collabore avec ses membres pour dispenser une formation aux premiers secours dans les communautés locales et pour faire plus largement connaître les principes et les activités de l’organisation.

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