Siradjou Mamadou voit le jour à Bégoua, en République centrafricaine, le 18 décembre 1982. Il fréquente l’École primaire Haoussa de Bouar jusqu’en 1997 et obtient son baccalauréat au Lycée moderne de Bouar en 2004. Il s’inscrit ensuite à l’Université de Bangui, où il décroche une licence en droit privé, puis une maîtrise en droit privé en 2010. Siradjou a la fibre sociale et il est très sensible aux problèmes et aux injustices de la société qui l’entoure. Son mémoire de maîtrise universitaire est consacré à l’impact des peines de prison sur la réinsertion sociale des délinquants. Il rédige aussi un autre travail de recherche sur la représentation sociale des personnes albinos au sein de la population centrafricaine.
Durant son cursus universitaire, Siradjou participe à diverses conférences sur des thèmes tels que la lutte contre la pauvreté et l’intégration des groupes vulnérables à Bangui. En 2006, il assiste à un atelier de sensibilisation des parlementaires aux droits et obligations des personnes vivant avec le VIH/SIDA, organisé par l’UNICEF et le Programme des Nations Unies pour le développement. La langue maternelle de Siradjou est le sango, mais il parle couramment le français et s’exprime avec aisance en anglais. En dehors de ses études, il aime la lecture, le cinéma et jouer au football.
En septembre 2010, Siradjou suit une formation en logistique de deux semaines à l’Agence centrafricaine pour la formation professionnelle et l’emploi. En janvier de l’année suivante, il commence à travailler comme agent de terrain pour l’Union pour le développement agro-pastoral et la protection de l’environnement. Il entre ensuite au CICR, qui l’emploie d’abord comme archiviste (janvier-février 2012), puis comme magasinier (de mai à août 2012).
En septembre 2012, Siradjou change d’affectation au sein du CICR pour devenir assistant du gestionnaire de la chaîne d’approvisionnement. Son travail consiste à réceptionner et réacheminer les marchandises destinées aux sous-délégations du CICR dans le pays, à charger les camions et à gérer les inventaires des entrepôts. Siradjou fait preuve d’une grande compétence, grâce à sa vivacité d’esprit et à son désir constant d’agir avec efficacité. Il apprécie beaucoup de travailler au sein d’une équipe, de régler les problèmes et d’assumer des responsabilités, et entretient d’excellentes relations avec toutes les personnes qui l’entourent.
Siradjou est basé dans un premier temps à Bangui, mais lorsque les conditions de sécurité empirent dans la capitale, il est réaffecté au bureau du CICR à Ndélé. Le 8 mars 2014, il est tué par des hommes armés qui font irruption dans la chambre qu’il loue au sein de la Mission catholique de Ndélé. Il était âgé de 31 ans.
Siradjou était apprécié de ses collègues pour son extrême gentillesse ainsi que pour son engagement professionnel, guidé par sa volonté d’agir pour un monde meilleur. Sa disparition prématurée rappelle les nombreux périls auxquels font face quotidiennement les travailleurs humanitaires.