Youssouf
Atteyipe
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Centrafrique

Nous nous souvenons de Youssouf Atteyipe

Youssouf Atteyipe naît le 11 octobre 1975 à Ndélé, en République centrafricaine. Il fréquente l'école primaire de sa ville natale de 1981 à 1989 et obtient en 2002 son diplôme de fin d’études secondaires au lycée Boganda de Bangui, la capitale. Il exerce ensuite des emplois de chauffeur pour diverses organisations : Solidarité Darfour (de 2006 à 2008), Première Urgence (2010) et le Conseil danois pour les réfugiés (2011). En février 2013, Youssouf est engagé comme chauffeur à la délégation du CICR à Bangui, où il ne tarde pas à faire ses preuves. Ses collègues apprécient son professionnalisme : outre qu’il prend le plus grand soin des véhicules et respecte strictement toutes les règles de transport et de sécurité, il est ponctuel et bien organisé. C’est également un camarade de travail agréable, qui se fait facilement des amis partout où il va. Et quand on devient l’ami de Youssouf, c'est pour la vie.

 

Cet homme joyeux, confiant et respectueux des autres est à bien des égards un employé modèle, le collègue idéal. Avant même la fin de sa deuxième année au CICR, Youssouf, surnommé « AT » par ses collègues, est élu représentant du personnel – une élection à laquelle ont sans aucun doute contribué sa personnalité empathique et sa sensibilité aux autres, y compris à leurs différences culturelles. Ces « compétences relationnelles », associées à son aptitude à converser dans plusieurs langues – le sango, le runga, l’arabe et le français – lui sont également très utiles dans ses interactions avec les groupes armés et les communautés victimes de leur violence.

 

Le 4 novembre 2017, Youssouf conduit un Land Cruiser du CICR entre Ndélé et la sous-délégation de Kaga-Bandoro. Un camion du CICR roule devant lui. Sur un tronçon de route entre Grevaï et Azené, à quelques kilomètres d’Azené, un homme armé surgit et tire sur le Land Cruiser. Il est suivi par d’autres porteurs d’armes. Voyant cela, le chauffeur du camion du CICR fait demi-tour pour revenir vers le véhicule attaqué. Il trouve Youssouf mort, tué par balle, et le véhicule pillé. Youssouf avait 42 ans ; il était marié et avait neuf enfants.

 

Youssouf était un père de famille très aimé, et un homme profondément attaché aux principes humanitaires du CICR. Son souvenir restera gravé dans la mémoire des nombreuses personnes qu’il a honorées de son amitié ou auxquelles il a apporté de l’aide par son travail.

Le CICR en
Centrafrique, 2017

Le CICR déploie ses premières activités en République centrafricaine en 1983. Il ouvre une délégation à Bangui en 2007. En 2017, il fournit un large éventail de services humanitaires – parfois en collaboration avec la Société de la Croix-Rouge centrafricaine – et ce, malgré l’insécurité qui règne dans le pays et les attaques dont sont victimes de nombreux travailleurs humanitaires, dont Youssouf. Comme les années précédentes, le CICR apporte le soutien nécessaire aux hôpitaux et autres établissements de santé, en particulier dans les zones touchées par la violence. Dans quatre centres, des conseillers formés par l’organisation fournissent une assistance psychosociale aux victimes de violences sexuelles. Grâce à son aide d’urgence, des dizaines de milliers de personnes déplacées reçoivent de la nourriture et un abri temporaire. Le CICR distribue en outre des semences et des outils à près de 140 000 personnes afin qu’elles puissent reprendre leurs activités de subsistance, et met en place divers projets « travail contre rémunération » pour appuyer ces efforts.

 

Grâce à une modernisation des infrastructures soutenue par le CICR, à la construction de points d’eau et d’installations sanitaires, ainsi qu’à des distributions d’eau par camions-citernes, près d’un million de personnes bénéficient d’un meilleur approvisionnement en eau. Les délégués de l’organisation mènent des discussions confidentielles avec les autorités et les porteurs d’armes afin de leur rappeler leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment l’obligation de protéger les civils et de préserver leur accès aux soins médicaux et à l’aide humanitaire. Ils visitent en outre des centaines de détenus aux mains des parties belligérantes, et communiquent leurs conclusions et recommandations aux autorités. En collaboration avec la Société nationale, le CICR œuvre à la réunification des familles dispersées par le conflit, et aide des mineurs jusqu’alors associés à des groupes armés à retourner dans leurs familles. Il collabore également avec des membres de la Société nationale pour dispenser des formations aux premiers secours dans les communautés locales et sensibiliser la population à ses principes et son action. De manière générale, le CICR contribue à consolider les activités de la Société nationale par un soutien matériel, financier et technique.

Souvenirs

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